Que veut faire la COP10 avec les produits à base de nicotine plus sûr ?

En ce début d’année 2024, Panama accueille la dixième session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT). Cet événement crucial promet d’intenses discussions autour des alternatives moins nocives au tabagisme, notamment le snus, les sachets de nicotine, et les cigarettes électroniques. Alors que certaines nations européennes comme la Suède ont réussi à réduire efficacement ce fléau par la promotion supervisée de ces solutions, leur statut est aujourd’hui remis en cause par l’OMS.

Une menace grandissante plane sur les produits à base de nicotine plus sûr

En Suède, les résultats en matière de lutte contre le tabagisme ont donné raison aux substituts nicotinés. Le snus notamment, peu ou pas du tout associé aux pathologies liées au tabac traditionnel, y est largement répandu. Conséquence, selon l’Autorité de santé publique suédoise, le pays affichait en 2022 un taux de fumeurs quotidien parmi les plus bas au monde, avec seulement 5.6%. Ce produit aurait ainsi permis à plus d’un million de Suédois de troquer la cigarette à combustion contre cette option moins risquée.

Pourtant, ces résultats encourageants font face à de graves menaces réglementaires. En effet, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) conteste la pertinence de promouvoir des produits contenant de la nicotine, sans considération de leur degré réel de dangerosité ou d’innocuité. Ces réticences atteignent leur paroxysme à la COP10, qui se tient du 5 au 10 février 2024 au Panama. En cas de durcissement effectif de la politique internationale, les avancées suédoises seraient directement compromises.

Plus inquiétant encore, un nouveau cadre prohibitif ne manquerait pas d’impacter la disponibilité mondiale de ces alternatives. Il en découlerait que des millions de consommateurs de tabac se verraient refuser tout cheminement vers une réduction substantielle des risques, parce que privés d’options de substitution.

COP10 : la Suède en première ligne pour plaider une régulation proportionnée face aux tergiversations de l’UE

Durant la COP10, la Suède a l’opportunité de partager son expérience unique de réduction du tabagisme grâce au snus, aux pochettes de nicotine et cigarettes électroniques. Il est fondamental que sa délégation défende avec conviction le rôle de ces alternatives dites « plus sûrs » au regard des résultats tangibles obtenus au cours des dernières années.

Certaines voix suédoises semblent vouloir suivre la ligne européenne sur ce dossier épineux. C’est notamment le cas de la déléguée principale de la Suède, Paula Ericson, du ministère des Affaires sociales. Cependant, la position réelle de l’Europe à l’égard des substituts nicotinés demeure opaque, suscitant l’inquiétude des associations civiles du Vieux Continent. Ce qui est en jeu, c’est le sort de 130 millions d’utilisateurs de nicotine dans l’UE, dont environ 100 millions ont malheureusement toujours recours à la cigarette classique.

Malgré cette situation alarmante, l’Union hésite à choisir clairement un parti, sachant que les décisions à venir auront d’importantes répercussions qui dépassent le seul cadre européen. Face à ces enjeux, la Suède se doit de défendre avec fermeté son modèle de santé publique, qui pourrait encore sauver la vie de tant de fumeurs souhaitant arrêter. Son discours à Panama sera déterminant pour infléchir les réticences dominantes actuellement sur la scène internationale.

Position du Royaume-Uni : le parlement britannique lève la voix en faveur de la défense des produits à base de nicotine moins nocifs

Selon le député britannique Andrew Lewer, la COP10 revêt un enjeu majeur quant à la défense des alternatives moins dangereuses à la cigarette traditionnelle. Dans un discours récent, il a souligné combien l’efficacité de certains produits de réduction des risques était documentée, mais simplement ignorée par l’Organisation Mondiale de la Santé.

Le Royaume-Uni souhaite donc promouvoir une gestion éclairée du tabac reposant sur des données probantes, prônant une régulation modérée reconnaissant le gradient de risque entre produits de substitution. Cette approche proactive contraste avec celle de l’OMS qui, elle, préconise des mesures trop restrictives susceptibles d’entraver l’adoption généralisée de solutions plus sûres.

Les conclusions de la COP10 sont donc fébrilement attendues par les milliards de consommateurs à travers le monde qui veulent amorcer leur sevrage tabagique en douceur. La communauté internationale adoptera-t-elle enfin une politique de prévention intelligente, fondée sur une hiérarchisation scientifique des dangers ? Ou refusera-t-elle d’intégrer ces observations critiques, au risque de compromettre toute démarche vers l’abstinence pour les fumeurs motivés ? Réponses, au terme des six jours de pourparlers.

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